de Marie » Mardi 16 Mars 2010 10:21
Manette, Manille. Nom donne a un bracelet de cuir, que les .athlètes, les cordonniers et parfois d'autres ouvriers se mettent aux poignets, pour y ressentir plus de force résistante, et éviter le déplacement des tendons ou des muscles, bien que ces bracelets ne puissent produire aucun résultat sous ce rapport.
II faut rechercher la persistance de ces bracelets dans une survivance des gouts de la parure connus des la plus haute antiquité, car les tribus de la période néolithique se paraient de bracelets faits en schiste \
La Mange. Dans tout le vaste bassin houiller de Commentry, les familles des mineurs se réunissent le 1er mai de chaque année, elles se dispersent dans les bois, dans les prés, chacun y apporte de quoi faire la mange; après le déjeuner, les danses commencent, les ébats joyeux se manifestent bruyamment, puis, on dine sur l’herbe, on chante et on danse encore longtemps, si bien que les filles ne veulent point rentrer au logis, voulant danser toujours.
Jusque vers 1845, ce jour était chômé pour la mange, depuis, cet usage a presque disparu.
Marchands forains. Ils ont remplace le petit colporteur, qui, marchait à pied, portant sa boite de marchandises sur le dos. Le forain, son successeur, ne va plus guère qu'en voiture, il déballe ses marchandises sur la place de la commune entre les foires et les marches des villes.
Son étalage fait, s'il n'a pas vendu a la première personne qui s'est présentée, c'est le présage d'une mauvaise journée «mieux vaudrait réemballer quand il arrive des coups comme celui-là ».
Le marché Jardinières. Quand les femmes de la campagne apportent des volailles au marche, elles mettent les têtes des poules en avant du panier, c'est un signe qu'elles sont à vendre, si elles les présentent dans le sens contraire, c'est qu'elles sont vendues, et non livrées.
Autrefois, les fermières, les jardinières arrivaient a la ville portant au bras ou roulant sur des brouettes leurs marchandises ; et chaussées de gros sabots; les lieues étaient plus longues et aussi plus pénibles a faire. Mais aujourd'hui toutes les femmes arrivent en voiture et chaussées de souliers, grelottant de froid, ayant abandonné leurs chaudes capes.
Le Marcou. De nos jours, le marcou est inconnu, mais autrefois, très honoré, son nom était propage dans toutes les provinces qui entouraient la sienne, sa tradition, cependant, s'est conservée en Beauce.
Le marcou était l’aine de sept frères, nés sans qu'aucune sœur ne se soit interposée entre eux. Son pouvoir était grand, car, par un simple attouchement il guérissait les écrouelles, les malades arrivaient en foule la nuit de la Saint-Jean, il opérait avant que le soleil ne soit levé, son pouvoir était limite à ce seul jour. Chaque malade lui laissait une offrande en nature; il ne devait accepter aucune rétribution en argent.
Le Mardi Gras. Il consistait à faire un amas considérable de neige auquel on donnait, tant bien que mal, une forme humaine.
Que de joie en ce jour! Nous avions congé, et s'il y avait de la neige, la nuit noire nous y prenait, cinquante gars du quartier, avec les filles, nous chantions autour du bonhomme blanc :
Mardi gras est mort!
Champignon la tue,
A coups de bouteille
L*y a casse son nez !
Mais s'il n'y avait pas de neige, ce qui arrivait souvent, chacun apportait de la paille, et nous construisions un bonhomme de paille, avec l’aide de branches de bois. Apres une exposition de quelques heures, le soir venu, on le brulait à la grande joie de tous. Nos parents assistaient a l’Autodafé qui nous réjouissait grandement. C'est que dans ce temps-la, nous savions nous amuser avec peu, nos jeux périodiques étaient traditionnels; on ne sait plus s'amuser de nos jours.
Le pauvre Mardi-gras s'en va comme toutes les autres traditions. — Dans les campagnes on avait l'habitude de tuer un cochon pour bien fêter le Mardi-gras et le jour des Brandons.
Si on se marie ce jour, les enfants seront rachitiques ou de mauvaise venue.
Pour obtenir du grand chanvre il faut danser ce jour.
Les femmes ne doivent point filer la journée du Mardi-gras.
Pour obtenir de beaux œufs et en abondance il faut, le Mardi-gras, donner à manger aux poules dans l’intérieur d'un cercle de tonneau pose par terre (usage très répandu).
Enfin, si on nettoie les écuries ce jour, on enlève avec le fumier les sept maladies qui affligent le Bestiau,
Mariages: Les préliminaires; La noce; Les Quenouilles; La Rotie; Le Rebondouet. II nous eut fallu tout un volume pour raconter un ancien manage de campagne et les conséquences d'une noce ; quand même, à la campagne, on y a encore conserve de vieilles coutumes et de bonnes habitudes, et nous ne pensons pas que de longtemps, les repas pantagruéliques des noces soient remplaces parle lunch, même assis. Le lunch des villes horripile nos braves
campagnards, ils s'en moquent hardiment; ces gens disent vrai dans leur gros bon sens.
Le paysan bourbonnais parlant peu, il délègue le Gourlaud pour faire les demandes ; le jour venu, il se présente avec un certain cérémonial aux parents de la fille; il est refus si une poulette était servie; si c’est un gros chapon biea roli, l’affaire est bonne, et après le repas, il fait les demandes en mariage tout cela en très peu de mots. Accepté le jeune aspirant part le dimanche suivant, se présenter chez les parents.
[Le Dimanche après, accompagné du Gourlaud, se font les accordailles, c’est un premier festin qui les marque, le jour des noces est fixé.
Gourlaud change son titre, il devient alors le Prieu d'noces, il est charge de faire les invites.
Les invités sont prévenus officieusement à l'avance, le Prieu bien endimanché se présenta chez ceux qu'il doit inviter. Après de grandes révérences, il fait sa commission, puis il veut se retirer, mais il est retenu, un copieux diner l'attend. C'est pour cela qu'il ne fait qu’une seule invite par jour.
Enfin tout est préparé pour les noces, et la veille, les jeunes garçons parmi les invités vont à la porte de la mariée, bien close el bien fermée ; ils chantent en chœur les couplets suivants, sur un air aussi triste qu'attendrissant :
« Ouvrez-nous donc la porte
Françoise ma mignonne,
D'biaux cadeaux à vous présenter,
Hélas ! ma mie laissez-nous entrer.
Mais la porte reste close, et ils reprennent alors :
In biau garden à vous présenter
Ma mie, hélas! Laissez-nous entrer.
De l’intérieur de la maison, les femmes et les filles leur répondent :
Moi, vous laisser entrer
I ne saurai le faire,
Men père esse en coulàre
Ma m^e oue en tristesse
Un' fille d'in si grand prix
N'ouv' pas sa porte a s'teur ichi !
Les garçons énumèrent les cadeaux qu'ils apportent :
In bague ben reluisante.
D's esclaux tous vizeles (i),
(i) Des sabots façonnes.
Do tabids tous neus,
Do ribans de toutes les coulaurs
De biaux mouchouères
Et ben d'aut' zartifailles...
La porte s'ouvre enfin, mais la promise couverte d'un grand drap se blottit dans un coin, il fait noir, les chandelles sont éteintes, il faut que son futur la trouve a tâtons; la recherche est longue parfois, enfin, elle se fait deviner, elle se trouve, des cris de joie se font entendre.
Le matin des noces, les livrées sont distribuées en échange d'une embrassade ; cette même livrée sera épinglée à la porte de l’armoire afin de bien pouvoir compter toutes les noces auxquelles on a assisté. Le cortège est formé, et on se met en marche pour aller à la maison commune vielle et musette en tête.
Apres la mairiée, on se dirige à l’église; le marié avant d'y arriver, brise une bouteille sur les marches ou après les murs de l’église. La mariée a souvent le plaisir de voir sur l’autel de la Sainte-Vierge une belle quenouille garnie de rubans ; elle y restera et sera conservée avec les autres qui s'y trouvent; c'est le plus bel éloge qu'on puisse faire de sa personne (Gennetines, Saint-Ennemond, Saint-Gerand-de-Vaux).
Arrivés devant la maison, la mère de la mariée a préparé du vin chaud, la mariée boit la première, tout le monde ensuite et toujours dans le même verre. Devant la porte est un balai, elle le prend et devant la noce qui l'admire, elle balaie la maison afin de prouver à son mari qu'elle sera bonne femme de ménage dans toutes les occasions, et chacun applaudit.
Avant de se mettre à table, tout le monde se biche, c'est le signal donne par le gouneau, avec la permission d'embrasser sa compagne autant qu'on le voudra.
Le repas est à peine terminé que la jeunesse se met à danser dans la grange transformée à cette occasion. Apres le grand diner, elle retourne danser tandis que les jeunes mariés ont disparu. Oh sont-ils? La maison, les dépendances sont fouillées partout, les mariés sont introuvables, mais un indiscret a dit qu'ils étaient dans une ferme, à une lieue de la ; avec la musette, la noce s'y rend, il faut faire le siège de la maison, on les découvre enfin, leur lit est renversé, et après s'être un peu habillés, on les force à prendre la rôtie, un vin chaud très pimenté qui leur est présenté dans un vase innommable. Ils boivent, et chacun après avoir puisé un peu de ce vin, embrasse la mariée ; on se retire enfin, et les danses reprennent jusqu'au jour, personne ne se couche et la noce va de la table à la danse ; cela pendant toute la semaine.
On a plante le chou au faite de la maison avant l'arrivée des mariés. C'est à ce moment que le garçon d'honneur tache d'enlever la jarretière gauche de l’épousée; elle est formée d'un joli ruban rose, qui, coupe en morceaux, est distribue à toutes les jeunes filles, à leur grand contentement, ce ruban est la précieuse indication d'un mariage prochain.
Le dernier jour de la noce, le maitre de la maison présente dans un grand plat, la bonde et le robinet du tonneau, c'est dire poliment aux invités qu'il n*y a plus de vin dans la cave et que la noce est finie. Le départ est si dur que tout le monde chante en chœur:
Nos chevaux sont à la porte,
Tous sellés tous brides,
Que le diable les emporte
Faut pas nous en aller !
La musette intervient, elle entonne l’air malheureusement trop connu de la fin d'un mariage. C'est la finale :
Allez-vous en gens de la noce,
Allez-vous en chacun cheu vous,
Si la mariee a le malade,
JUa guarirons ben sans vous.
La séparation est cruelle, on se biche jusqu'a en faire venir les larmes aux yeux.
Quand une noce commence la veille, on dit que c'est le soir de la chemise et le jour du départ s'appelle le ; Branle de la cuisine.
Pour donner une idée d'une noce de campagne, voici le menu de ce qui s'est consomme a la noce de la fille du domaine des Bontemps, a Lusigny, qui a eu lieu le 5 mars 1906. Sur nos invités, 91 convives y assistaient, la noce commencée le 4 mars au soir s'est terminée le 12.
II y a été consommé : un veau, un gros cochon, 45 poulets, 8 oies (huit oies), 7 dindes, 4 têtes de veaux, 5o pates, X livres de viande de boucherie, et tout cela sans compter les présents des invités qui ont apporté des pelottes de beurre, des œufs, des jambons, des poulets, des oies, des canards, des dindes. La cuisinière a travaille 12 jours, devant trois fourneaux, et un four pour les brioches, les tartes, les entremets de toutes sortes, etc.
C'est ce qu'on appelle une vraie noce de campagne; à comparer avec les lunchs des villes.
Mais tout cela n'est pas fini, chaque famille invitée, rendra la noce aux mariés et à ses parents, c'est une fête de famille qui dure un jour, parfois deux, cette fête prend le nom de Rebondouet.
II serait long d'énumérer les signes de mariage les coutumes, les usages, les proverbes qui se rapportent aux mariages. Nous les avons conserves cependant; un volume ne serait point de trop pour raconter ce qui se fait et ce qui se dit en cette grande circonstance de la vie.
Le marmot de César. Sous ce nom, on désigne un tas de pierres ramassées et mises en tas dans la cour des fermes, personne n'y touche, enlever l’une de ces pierres causerait la mort de celui qui l’aurait enlevée. Ce doit être une survivance d'origine antique. Marmot, nom sous lequel on désigne les petits enfants.
On dit aussi croquer le marmot, pour attendre une personne qui ne vient pas. Ces marmots de César, ne seraient-ils points l’indication des sépultures antiques sous le gal-gal, amas de pierres?