POEMES CHOISIS

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POEMES CHOISIS

Messagede chef_joseph » Mercredi 03 Février 2010 18:29

Ici quelques poèmes choisis par chacun



Le deuil du moulin



Le vieux meunier dort, au fond d'un cercueil
De chêne et de plomb, sous six pieds de terre,
Et, dans le val plein d'ombre et de mystère,
Le moulin repose en signe de deuil.

La nuit a drapé ses murs de longs voiles
Crêpes aux plis noirs et silencieux,
Et sur le velours funèbre des cieux
Roulent des pleurs d'or tombés des étoiles.

La voix du vent dit, dans les roseaux roux,
Un hymne au bon Dieu pour la paix de l'âme
Du défunt, et l'onde égrène sa gamme,
Lente comme un glas, sur de gros cailloux.

Les saules ont mis leurs branches en berne
Au bord du ruisseau, dans l'obscurité,
Et le sentier même est comme attristé
Par l'air douloureux et lourd qui le cerne.

Et le vieux moulin, le pauvre moulin
Dont le maître est mort un matin d'automne,
Gît parmi les champs, sous la lune atone,
Seul et délaissé comme un orphelin.


Auteur:Gaston COUTÉ
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Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine...
mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.

...........................................................Albert Einstein


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Re: POEMES CHOISIS

Messagede chef_joseph » Jeudi 11 Février 2010 20:19

Le crépuscule du matin


La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.

C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.
Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient,
Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.

Les maisons çà et là commençaient à fumer.
Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.
C'était l'heure où parmi le froid et la lésine
S'aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux ;
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.

L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.

Charles BAUDELAIRE...........Image


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