Quauques libres

Le patouais creusoué, si ne lé pas parla, ou va merrir !! Bieau be !!
Per que ne chabe pas de s'en na, bé nous, chabaz d'entra per lou parla.

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Frédéric

Quauques libres

Message par Frédéric » vendredi 24 août 2007 22:49

Sur le patois, je me suis procuré l'ouvrage publié cet année. "Langue et Mémoire du pays de Guéret", vendu avec un Cd et qui reprend le patois de la région de Guéret Celui-ci peut s'apparenter au marchois qui est un peu différent de celui que je connais, plus proche de l'auvergnat (région d'Aubusson et confins de la Marche et des Combrailles). Je vous conseille tous cette étude vendue 10 euros dans laquelle il y a un grand nombre de carte et de mots. SInon, dans les ouvrages plus anciens vous avez : "CONTRIBUTION A L’ETUDE DU PARLER DE LA CREUSE LE PATOIS DE LA REGION DE CHAVANAT", étude linguistique trés poussée publiée en 2 tomes en 1927 et 1930 et les ouvrages de Jacques CHAUVIN qui était professeur d'OCCITAN à Aubusson : " PETITE GRAMMAIRE DES PARLERS OCCITANS DU SUD DE LA CREUSE" publié en 1980 et "LAS ISTOERAS DE LA MARIA" publiée en 1981.

J'ai essayé cet été d'enregistrer en vidéo des histoires en patois, mais mon patoisant a joué les timides et m'a demandé d'autres participants. J'en a trouvé d'autres assez facilement à mon grand étonnement et de 60 à 96 ans, donc partie remise . Je vous tiendrai au courant car là je passe au stade supérieur et ce sera surement une réunion publique.



Voici une phrase que ma grand-mère me disait le soir avant de m'endormir.

[Boune nu, que dormisez bin toto lo nu]

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Marie

Message par Marie » mardi 04 septembre 2007 21:19

Les études, travaux et recherches actuelles



Comme cela se fait à l'étranger, en 2006 les études portant sur les langues régionales en France semblent devoir se développer à moyen terme. Dans le reste du monde, elles sont très liées aux études d'ethnologie, les revues sur ce sujet sont utiles à consulter. Malheureusement peu de personnes sur place s'intéressent à cette question dans notre région. Celles qui le font travaillent isolément. Les sources disponibles non encore exploitées sont en général de rares sources écrites anciennes, dispersées et fragmentaires. En même temps, de nombreuses personnes, souvent âgées ou très âgées pourraient encore apporter du nouveau dans ce domaine. Des intermédiaires sur place, en contact étroit avec "les survivants de ce qui était l'ancienne civilisation" pourraient recueillir ce qui reste. Et il ne s'agit pas que du vocabulaire. Pour être précis, les véritables sources sont en voie d'extinction définitive pour beaucoup de ces langues. La toponymie exprimée dans les langues régionales par exemple, a définitivement disparu des mémoires dans le nord-est de la Creuse. Mais les initiateurs privés possibles de telles recherches, qui disposent des moyens nécessaires - ce n'est pas seulement une question de finances - ont d'autres préoccupations, ou montrent un grand désintérêt pour cette question. On constate en effet que seuls les services officiels, ministère et certaines administrations des collectivités territoriales, prennent à leur place des initiatives sur le sujet, par l'intermédiaire de leurs services culturels. On peut dire aussi, bien entendu, que ces services sont là pour cela !



Sous quelles formes peut-on soutenir, encourager et développer ces études de parler régionaux actuels ou anciens ? Faire connaître leur existence, leur réalité ? Réaliser des glossaires, retrouver les règles de la grammaire ? Rechercher les similitudes ou les légères différences entre langues ou dialectes voisins ? Rechercher les limites des implantations géographiques actuelles et passées ? Considérer ce qui reste de ces langues comme une partie du patrimoine en voie de disparition et le mettre à l'abri dans des conservatoires ou des musées ? Oui, certainement pour la plupart de ces points. Doit-on aller jusqu'à l'enseignement officiel ou obligatoire dans les écoles des divers niveaux ? J'ai bien connu un Corse, il y a une vingtaine d'années, il s'insurgeait contre une décision venant d'être prise, on avait décidé d'enseigner le corse à Corte. Mais quel corse va-t-on enseigner, disait-il, celui du nord ou celui du sud de l'île ? Le problème, s'il a existé, a du être résolu, je n'en ai plus entendu parler. En tout cas, le problème se poserait en Limousin, quel occitan devrait-on enseigner ? Celui de Limoges ou celui de Boussac, ou un occitan moyen, un peu artificiel, en sacrifiant les véritables parlers locaux ?



Pourquoi développer ces études ? La politique linguistique de la France s'inscrit dans un cadre européen, selon les critères de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Les langues transcendent les frontières politiques : basque, catalan, flamand, ce qui montre la pluralité interne et l'unité de notre espace culturel commun, elles ouvrent des portes sur les pays voisins. C'est ce que l'on dit à l'échelle nationale.



Mais dans notre région et dans une vision plus terre à terre, ces études peuvent apporter aux Creusois restés sur place ou dispersés, des connaissances nouvelles sur leur terroir. En effet, j'ai pu constater qu'il n'était pas possible de rechercher des éléments nouveaux sur ce qu'on appelle le patois de la région du nord-est de la Creuse sans approfondir le mode de vie d'autrefois. Au point qu'il est possible d'affirmer que ce patois avait partie liée avec un mode de vie et une civilisation aujourd'hui en grande partie disparus. Le patois de la Creuse ne servait pas au domaine littéraire, c'était la langue de communication de tous les jours, pour les activités et travaux de tous les jours, avec des mots maintenant inutilisés ou inutilisables. Les activités et travaux - manuels - par exemple ont changé, qu'il s'agisse de ceux du laboureur, du commerçant, de l'artisan ou de la ménagère. Rien que cela peut justifier l'existence d'une langue commune au XXIe siècle, le français dont l'enrichissement est permanent, avec ses nouveaux mots sans équivalents en patois et son enseignement obligatoire. Mais bien entendu, cette pratique d'une langue commune n'exclut pas les recherches et la connaissance des langues régionales vivantes ou disparues.



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Source : société des sciences de la Creuse :wink:

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nadja

Message par nadja » lundi 24 septembre 2007 10:19

Une vie de creusois Gabrielle Thévenot"



"Ma grand mère qui possédait un véritable don de conteuse, nous traduisait, quand nous allions la voir, les soirs à la veillée, tous les chants des oiseaux :

la caille au chant monotone disait : Quand iéï lé bla, n'éï pu lé sä Quand iéï lé sâ n'éï pu lé bla. (Quand j'ai le blé, je n'ai plus le sac. Quand j'ai le sac, je n'ai plus le blé.

Cette caille chansonnière était un vrai philosophe qui racontait ainsi, de façon imagée, la dure condition de son espèce : une saison où la nourriture (lé bla) abondait, où les cailles repues ne pouvaient plus manger, et une saison où leur jabot (lé sâ) criait famine, mais où la neurriture faisait complètement défaut (lé bla).
Modifié en dernier par nadja le lundi 24 septembre 2007 10:29, modifié 1 fois.
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nadja

Message par nadja » lundi 24 septembre 2007 10:27

"Ma grand mère savait aussi ce qui disait l'alouette quand, brusquement lasse de suivre, au temps des labours, le sillon qu'ouvrait l'araire libérant les vers blancs, elle s'élevait d'un jet vers le ciel ! la maligne promettait, avec une philosopie digne de la morale facile et hypocrite des humains : Mounte au ciel, juraréï pu ! mounte au ciel, juraréï pu (Je monte au ciel je ne jurerai plus !).

Ma grand mère ne m'a jamais dit ce que le petit oiseau allait faire au ciel. J'entendais sa chanson qui allait mourant jusqu'à ce que la chanteuse ne fût plus qu'un point noir dans les airs. Et puis, tout à coup comme si le fil imaginaire qui la retenait se fût rompu, l'alouette piquait vers le sol. Et sa chanson, d'abord faible, puis plus distincte disait j'en étais sûr puisque ma grand mère le disait et le redisait "Yeî jura, juraréï bé méï... (j'ai juré, je jurerai bien encore !"
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nadja

Message par nadja » lundi 24 septembre 2007 10:36

"Dialogue entre deux geais :



Kaî, Maridé ma maï.

Cambé y baillâs-tu ? Cambé y bailläs-tu ?

Cent écus... Cent écus...

Qu'a n'éï pas prou... qu'a n'eï pas prou...

Millo francs... millo francs...

Nous farans noço, nous farans noço... Dô bulli ! Dô rôti ! Drin. Drrin... Drrrin... Drrrin...




Je marie ma Mère,

Combien lui donnes-tu ?

cent écus...

Ce n'est pas asez

Mille francs...

Nous ferons noce...

Du bouilli ! du rôti !"





Je ne suis responsable que de mes fautes de frappe je laisse aux connaisseurs juger de ce texte tiré du livre de G Thévenot.
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chef_joseph

Message par chef_joseph » lundi 24 septembre 2007 18:44

Joli texte en effet , de Gabrielle Thévenot !!!
" A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto ! "

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CathyPrincesa23

QUESTION POUR UN CHAMPION

Message par CathyPrincesa23 » mercredi 02 avril 2008 13:26

Quelqu'un pourrait il m'indiquer s'il existe un livre ou un dictionnaire sur le patois de la Creuse, et où je pourrais le commander ?



Merci d'avance.
Ecrire c'est hurler en silence...

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kaomé

Message par kaomé » mercredi 02 avril 2008 16:42

regarde voir là



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lucane

Message par lucane » mercredi 30 avril 2008 19:09

« Langue et mémoire du pays de Guéret »



Dans ce livre le choix de la graphie du « o » se prononce « ou » et comporte un accent normalement (j’ai pas trouvé sur mon clavier comment l’écrire ainsi)



CALENDRIER TRADITIONNEL



(Les observations qui figurent sont la plupart connues dans toutes les communes où nous avons enquêtées. La localisation est indiquée pour celles apparaissant les moins répandues sur le territoire de Guéret.)



Premier de l’an




Fohle se levar de bone ore per bien se levar tote l’annade.
(Bonnat)



Nos ‘navam soatar la bona annada aus vesins : bona annada, bona santat… la foira tota l’annada o la crota au cuu tota l’annada (La Chapelle-Taillefert) (Nous on dit « la goutte au nez pour toute l’année ! ils étaient crus les anciens !)



Om bevie la gote, quo fasie le torn de tot le vilatge e quo bevie la gote, per los omes, le cassis per las femnes : « bone annhe, bone santat, une p’tite gote ! ». (Lourdoueix-Ste-Pierre)





LOS REIS/LOS ROEIS



Par le jorn daus roeis, ma grand-maire ‘la fasie une grande galette aveque de la paste feulhetade e das trefles dedins.
(Malval)



Dins quele galette, om metave une fave o un poes



CHANDELOR « la bone dame chandeleuse »
(Bonnat, Châtelus)



Per Chandelor nos fasiam virar las crespas aveque une peçe dins la man per aver de l’argente tote l’annade



N’i avia de las maisons ente i avia mas doas solivas que n’avian pas de rantelas, qu’era quelas qu’eran davant la chaminade ante ilhs viravan las crespas.



Per far ‘nar bona crespa, fau que la peila sia a poench, la premiera que tu fases ‘la se’n ‘nira tot en bocins quand tu ‘la viraras. La deusiema folia la far sautar, la far surtir per la chaminada per la ratrapar deior aveque la peila.
(St-Christophe)



N’i a d’autres que l’envoien sur lu bufet en la lançant per dessur l’espanla gaucha.



CARNAVAU



Le vendeurdi qui precedave le carnaval s’apelave le « vendeurdi de las besacés » a Chastelus, parque tot le monde de las campahés à l’entorn venevan faire de la provisions per le jorn dau Carnaval. Ilhs metevan tot quodins de la s grandés besacés qu’ilhs portavan sur l’espanle.



Le ser de Carnavau passavan los mascarats que massavan los uous, qu’era daus pitis e daus jeunes. Ilhs se degiusavan aveque daus masques en carton, dau charbon sur la figura, ilhs parlavan pas a causa que folia pas qu’om los coneguesse . N’apelavam quo-qui correr los mascarats. E de quilhs uous nos fasiam une molete, e los autres uous nos los vendiam au regatier.
( St Silvain Montaigut)



Le lendeman de Carnaval, los gamens fasian le torn dasmoaisons en cueurdant “p’tit cacons, p’tit cacons”per massar daus ueus. (Genouillac)



LOS RAMELS / LOS RAMIAUS




Le vent que bofe pendent la messe daus ramels, bofe per los tres quartsde l’annade.



De retorn de la messe, om ramave los champs de blat aveque un ramiau de boïs par los protejar. Qu’ere a queu – qui qu’anave ramar son champ le premier apres la messe per aver le mai de bienfaits.
(Bonnat)



LA SEMMANE SENTE/PASQUES



De tote la semmane sente, falie pas faire la bujade.



Falie bibar un ueu le vendeurdi sent per pas se faire picar par las viperas.
(Champsanglard)



Le lundi de Pasques, qu’ere le jorn de las sopas rossas. (Cheniers)



L’ASCENSION:



Le jorn de l’ascension falie cherchar los nius. Nos massavam los ueus de tots los ausiaus.
(Le Bourg d’Hem)



LA SENT JAN




Le fuec de Sent Jan falie faire barbetar de la caure per aver de la cherbe.
(St Sulpice le Guérétois)



Los garçons prenian daus tisons per faire une crotz sur totas las portas. (Gartempe)



QUINZE D’AUST




Om disie que per le quinze d’aust nos anavam cherchar las velhadas a la feste de Jolhac.
(Anzême)





SENT MARTIN




« Sent Martin, escorne bueus, brise molins »Qu’ere un jorn que quo falève pas travalhar, om riscave atrapar dau mau
(Châtelus)





NADAU

Per Noel om mes le nadau au fuec : qu’ere un morciau de pomier, falie qu’eu bruslesse tote la neut par tenir le p’tit Jesus au chaud e per sechar sos drapels. (St-Fiel)




La velhe de Noel om fasie la pilade, qu’ere une sope au ris e om ne’n laissave un peuc sur la table la neut par le p’tit Jesus.



E lu matin de Nadau qu’era un luxe quante n’aviam n’auranja, de las pralinas.




Les parlers de la Creuse (Langue et mémoire du pays de Guéret)

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lucane

Message par lucane » mercredi 30 avril 2008 19:11

Dictionnaire de Fernand Mourguet



"La lecture d’écrits en langue Limousine, allant d’un patois plus ou moins localisé à un occitan plus ou moins « normalisé » m’a souvent dérouté, et je ne suis pas le seul ! Dérouté en particulier sur le plan orthographique. On a l’impresion que chaque auteur utilise une orthographe bien à lui, reposant sur un fond commun il est vrai. Cela entraîne nécessairement une compréhension parfois difficile des mots, une prononciation hasardeuse.



Alors une idée m’est venue, je me disais qu’il était possible d’écrire un petit quelque chose sur le sujet à condition d’adapter les aspects phonétiques des mots patois dans une orthographe, certes la plus convenable possible mais surtout, dans une prononciation et une intonation comprises par tout pratiquant de la langue francaise.



Article défini

Le = lu

La = lo

Les = lous (masc.)

Lès, las (fém.)



Article indéfini

Un = un’

Une= uno

Des = daus (masc.)

Dè lès, dè las (fém.)

Les uns = lous un’s

Les autres = lous autreis



Article partitif

Du = dau

De la = dè lo

Des = daus (masc.)



Adjectif

Démonstratifs

Ce = queu

Cet = quèl

Cette = quèlo

Ces = quis (masc.)

Ces = quèlès (fém.)



Possessifs

Mon = moun

Ton = toun

Son = soun

Ma = mo

Ta = to

Sa = so

Mes = mous, mas, mès

Tes = tous, tès

Ses = sous, sès

Notre = notrè, notro

Votre = votrè, votro

Leur = lur, lur

Nos = notrés (è fém)

Vos = votrés (‘’ ‘’)

Leurs = lurs



Patois de l’ancien temps



N’io maï dè vieis d’aqui, dè quèlo fameuso annaido dous milo, qu’aimarian mié lègir lu patuei dau « Galètou » o bè queu dè « Panazô », après lu vér loutèm auvi, què dè lègir dè l’Occitan daus sabènts ».



« Il y a davantage de vieux d’ici, de cette fameuse année deux mille, qui aimeraient mieux lire le patois du « Galètou » ou celui de « Panazô », après l’avoir longtemps entendu, que de lire de l’Occitan plus ou moins académique ».



« Le Galétou », était une revue populaire patoisante en vogue que, pour ma part, j’ai lue dans les années quarante-cinquante. Quant à lui, andré DEXET dit Panazô, il avait animé de nombreuses émissions de radio à Limoges après la guerre, dans un patois populaire, avant de devenir un écrivain régional reconnu.



M. Edouard CHOLET écrivain plein d’humour « Lâ gnorlâ de Lingamiau » ( 9e édition de 1932) chantre d’un patois authentique . Le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire de ce livre sosnt de la fin du 19e siècle et diffèrent du patois de ma jeunesse, mais il est possible d’y reconnaître une « école de patoisants » qui s’est perpétuée…



« Lingamiau » peut se traduire littéralement « langue à miel » ; je laisse au lecteur le soin de définir l’expression à sa guise, après qu’il ait lu deux chapitres et un extrait de ce livre, « lâ gnorlâ de Lingamiau qui ressemble à un chef d’œuvre dans sa catégorie.



Livre : LA GNORLA DE LINGAMIAU

Auteur : CHOLET EDOUARD (LINGAMIAU)

Editeur : Ducourtieux, limoges - Parution en 1924

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lucane

Message par lucane » lundi 05 mai 2008 19:12

C'est bon la langue ! :mdr: j'aime pas l'anglais, j'aime l'allemand !



Bestiaire Occitan (Yves Lavalade éditions La Veyzilou)



L’Abelha



Dite aussi la’belha

Lo bornat la ruche

Lo miau le miello bordon le bourdon

La bela, la mair, la reina, la mair de bornat la reine des abeilles





L’ase, l’asne (l’âne)



Se dit selon les zones, asne, ase, borric.



L’ânesse est la bauda, l’asnissa, la borrica, la sauma, la saurma, la mistra, la polon.Si sauma est un terme d’origine latine bauda viendrait de l’arabe et tous deux font référence à la charge d’une bête de somme.

Le petit âne : l’asnisson ;, l’asiron, l’asinon, l’asairon, l’asicon, lo borriquet, lo borricon,





L’aurio (le loriot)



Lo lauriou parfois lo turlauriou oiseau fort joli chanta coma un lauriou.



Lo chat, la chata

La mina, la marga

Le matou lo margaud

La marga, la margassa pour une vieille chatte

Sud occitan : lo cat



Lo chavau

La cavala la jument ou l’ega



(Si chavau vient du celte caballos ega est la forme féminine romane venue du latin equus (le cheval) L’équivalent de l’ espagnol yegua.

La polina et son petit lo polin

Lo chavau dau diable (peut désigner le bousier, le lucane ou cerf volant, le faucheux et même la mante religieuse).



Lo chen

Vient du latin (canem) mais selon les zones de notre dialecte ses appellations peuvent légèrement varier : chin, china vers le nord et l’ouest du limousin. La chuna se dit également en Creuse. La canha très proche du latin en Marche Limousine.



Lo cocut (le coucou)

La coquerla (la femelle)



Oiseau décrié à cause de sa mauvaise habitude de squatteur : il fait quand même plaisir au printemps et que son appel résonne au fond des bois !

Lo dindaud

Originaire des Indes occidedntales, la future Amérique latine découverte en 1492 par colomb et son équipage. Dindaud lo dinde en Corrèze ; lo jau dinda d’India (le coq d’Inde

En Marche limousine, la Charente occitane le nord de la Haute Vienne le dindon est appelé lo perot, le peurot, la dinde la perota, la peurota. « Ce terme fait penser à l’occitan central lo piot, qui serait une onomatopée mais nous préférons voirf dans le perot la souche « Pérou » désignant le pays des Incas et les terres sud-américaines patrie naturelle de ce volatile. »



L’escurou



Adorable,vif , hôte des taillis et des bois, parcs et jardins de ville, en Basse Marche on l’appelle l’esquirau (origine latine scuriolus)



L’esgrinjola, la rapieta



La rapieta ou rapiota en Charente occitane désigne le lézard des murailles. La luserta, la lisète en Creuse.



La faina



Réputée pour sa mauvaise odeur la fouine est une sauvagine que l’on n’aperçoit guère.

Qu’es pieg que la faina dau bosc de Mauclou (pire que la fouine du bois de Maucloup un village de la commune de Saint Goussaud en Creuse)



Lo faucon



La crécerelle la fauqueta, la dama

L’épervier l’espervier l’estorbeu



La fermic



La fourmilière lo fermigier, la furmigier, la fermigiera)

Le termite heureusement peu présent en Limousin se dit la fermic blancha



La galhauda



Un des nombreux mots pour désigner la grenouille

Le mot rana peut désingner la courtilière en Haute Vienne et en Creuse à cause de son chant ; la rainette verte (raineta et cigala en corrèze. Rana, ranas est la façon imagée de désigner la crécelle cet instrument de bois dont le cliquetis peut faire penser au coassement de certaines grenouilles et que portaient les lépreux pour s’annoncer.



Gorra, gorret, gorrin, porc, troia…



La troïa est aussi la femelle du sanglier ainsi que celle du cochon d’Inde (lo gorrin)

Lo fromatge de gorret (le pâté de tête)

Les boudins (bodins, gogas, l’andouille (l’endunle, le sale (lo pitit salat) la couenne (la codena)



Lo greu, lo grilh



Un mot particulier pour dire le crissement métallique du grillon c’est girrinar : lo greu girrina. Comme lacigale, disparue du Haut Limousin au début du siècle.



La griva



Il y a chez nous trois sortes de grives :

La litorne la tia-tia la cladassa, l’auvernhata selon les lieux

La draine la trida ou la tria

La musicienne lo tord (latin turdus) on dit aussi la griva.



La grua



Migrateur son gri-gro annonce les beaux jours.

Pour avoir de la chance selon la tradition il suffit de prendre un peu de terre dans la main en poussant : emportatz ma raca ! (emportez ma misère !)



La polina et son petit lo polin

Lo chavau dau diable (peut désigner le bousier, le lucane ou cerf volant, le faucheux et même la mante religieuse)

Lo chen

Vient du latin (canem) mais selon les zones de notre dialecte ses appellations peuvent légèrement varier : chin, china vers le nord et l’ouest du limousin. La chuna se dit également en Creuse. La canha très proche du latin en Marche Limousine.



Lo cocut (le coucou)

La coquerla (la femelle)

Oiseau décrié à cause de sa mauvaise habitude de squatteur : il fait quand même plaisir au printemps et que son appel résonne au fond des bois !

Lo dindaud

Originaire des Indes occidedntales, la future Amérique latine découverte en 1492 par colomb et son équipage. Dindaud lo dinde en Corrèze ; lo jau dinda d’India (le coq d’Inde

En Marche limousine, la Charente occitane le nord de la Haute Vienne le dindon est appelé lo perot, le peurot, la dinde la perota, la peurota. « Ce terme fait penser à l’occitan central lo piot, qui serait une onomatopée mais nous préférons voirf dans le perot la souche « Pérou » désignant le pays des Incas et les terres sud-américaines patrie naturelle de ce volatile. »



L’escurou



Adorable,vif , hôte des taillis et des bois, parcswet jardins de ville, en Basse Marche on l’appelle l’esquirau (origine latine scuriolus)



L’esgrinjola, la rapieta



La rapieta ou rapiota en charent occitane désigne le lézard des murailles. La luserta, la lisète en Creuse.



La faina



Réputée pour sa mauvaise odeur la fouine est une sauvagine que l’on n’aperçoit guère.

Qu’es pieg que la faina dau bosc de Mauclou (pire que la fouine du bois de Maucloup un village de la commune de Saint Goussaud en Creuse)



Lo faucon



La crécerelle la fauqueta, la dama

L’épervier l’espervier l’estorbeu



La fermic

La fourmilière lo fermigier, la furmigier, la fermigiera)

Le termite heureusement peu présent en Limousin se dit la fermic blancha



La galhauda

Un dees nombreux mots pour désigner la grenouille

Le mot rana peut désingner la courtilière en Haute Vienne et en Creuse à cause de son chant ; la rainette verte (raineta et cigala en corrèze. Rana, ranas est la façon imagée de désigner la crécelle cet instrument de bois dont le cliquetis peut faire penser au coassement de certaines grenouilles et que portaient les lépreux pour s’annoncer.



Gorra, gorret, gorrin, porc, troia…

La troïa est aussi la femelle du sanglier ainsi que celle du cochon d’Inde (lo gorrin)

Lo fromatge de gorret (le pâté de tête)

Les boudins (bodins, gogas, l’andouille (l’endunle, le sale (lo pitit salat) la couenne (la codena)



Lo greu, lo grilh

Un mot particulier our dire lecrissement métallique du grillon c’est girrinar : lo greu girrina. Comme lacigale, disparue du Haut Limousin au début du siècle.



La griva

Il y a chez noustrois sortes de grives :

La litorne la tia-tia la cladassa, l’auvernhata selon les lieux

La draine la trida ou la tria

La musicienne lo tord (latin turdus) on dit aussi la griva.





La ‘jaça

Vient du germanique agatza, doit s’écrire avec une apostrophe. Il existe d’autres appellations plus familières la coa de panlo, à cause de la longue queue de l’oiseau qui rappelle celle d’une grosse louche (lo panlo) utilisée pour servir la pâtée aux cochons, la margot . La pie jacasse ce qui en limousin peut se dire liagassar, jagassar, jacassar, jacinar, s’esjacinar mots dérivés de ‘jaça « bavarder »



La pie grièche qui a l’habitude d’enfiler ses menues proies sur des épines ce qui lui a valu le nom de l’ajaça batalhiera. En Haut Limousin on dit plutot la trasjai, la trajaça, los trasjaçon, l’ajaçon, la ‘jaçota.

L’huïtrier pie (oiseau limicole à livrée noire et blanche et à longues pattes rouges ajaça de mar.



Lo Jai



Oiseau de nos campagnes boisées de chênes, il n’est pas très discret.

Il faudrait prendre le jeune geai au nid avant la saint Jean pour avoir plus de chances de lui apprendre à parler.



Dans l’extême sud du domaine linguistique limousin on l’appelle lo gag

Le caquetage du geai lo jaissinament « on dit qu’il fringote »

La trompa jai (variété de cerise bigarreau à chair blanche à peine colorée)



Lo lop



Le dernier loup sauvage fut tué à Dournazac en 1946. A Argentat un loup qui tenait plus du chien loup fut tué deux ans plus tard.



Le mythe a diabolisé l’animal : incarnation expiatoire du mal sous toutes ses formes.

L’être humain semble bien peu disposé à partager son territoire qu’il ne cesse d’élargir. Quel espace laisserons nous à l’animal sauvage ?



On parle rarement du loup au pluriel, on dit lo lop incarnation unique d’une menace insaisissable.

La loba grosse pierre ou rocher isolé qui jonche un pré, que l’on ne peut extraire. Il faut en faire le tour pour labourer : obstacle. Aucun rapport avec le loup mais plutot une très vieille racine prélatine qui évoque la notion de dureté.



Lo molton

La brebis correspond en occitan au vieux français « ouaille » venant du latin ovicula, c’est l’ovelha, l’oelha en Creuse ; la bergossa vieille brebis coriace sans valeur marchande.



La vacha

On a dit que le Limousin avait crée la civilisation de la vache. Cet animal domestique, dont les fleurons actuels sont issus d’une race ancienne sans doute apparentée à l’aurochs a partagé des générations de vie commune, de labeur avec l’homme.



On se rappellera les gigantesques bœufs attelés au tombereau de pommes de terre, dans les chemins cahoteux, les vaches liées par deux, par quatre voire par six pour tirer les araires dans les « coutures » ou les terrains les plus ingrats. C’est toute une civilisation qui a mué, escortée de bruits, de cris, d’odeurs, de chaleur animale et humaine.



La vacha, la vachota, son diminutif : las monons mot amical pour les appeler, qui évoque le mugissement, la breta, la bretona, la vache à lait toujours indispensable dans le chaptau (le cheptel) la génisse dite la junja (du latin junix qui suggère la jeunesse). Le vedela le veau femelle qui devient grand.

On nomme les gros nuages gris et pluvieux las vachas negras en Creuse.







Expressions tirées du bestiaire occitan



Testut coma un asne

Con coma un asne

Viech d’ase

I a quauqua ren jos lo pè de l’asne (il y a quelque chose qui se passe)

Eu ten son asne per la coa (familièrement d’un homme en train de tombar de l’aiga d’uriner

Franc coma un asne que cuolà hypocrite

Fier coma un vielh asne (orgueilleux)

Tombar l’asne

L’i fai brun coma dins lo cuou d’un ase

Planta l’ase ! (arrête ton char !)



L’aucha (l’oie)

Chanta coma ‘n auchon

Qu’es pas los auchons que van menar l’auchas (ce ne sont pas les jeunes qui vont commander)

Tochar los auchons (pour l’individu qui ne va pas très droit car il a trop « chargé la bourrique »



Es fin coma ‘na beleta

Es empaurit coma ‘na beleta,

Qu’es n’a beleta (poule mouillée)

Penchenar la beleta (peigner la girafe !)



Una chabra bocau (chèvre en chaleur bocau lo boc (le bouc)

pudir coma un bocaraud (puer)

l’escorna-buou, l’escorna-taureu, consiste à écorner les tiges de fougères préalablement taillées en crochet (jeu de la courte paille à la limousine) jugar au taureu

eu marrona coma un burgaud que vonvona (quelqu’un qui bougonne)

chanta coma un burgaud dins ‘na gorla (chanter faux)

es nastre coma ‘na chabra (têtu comme une mule

quo vira en burre de chabra (ça tourne mal, au vinaigre : en fait en beurre de lait de chèvre)

Luna chabrola, terra mola : lune cornue annonciatrice de pluie

La poncha chabrola, pointe qui a été tordue

Qu’es pas de la peta de margaud (de la crasse de matou, signifie qu’une chose est de bonne qualité.



fau pas desvelhar lo chat que duerm

qu’es pas quand lo chat es partit que fau barrar la porta

poschar coma un chat enrumat (toussoter)



fort coma un chavau



A, lo paubre chen ! (le pauvre homme)

Es béstia coma tocha-chen (sot comme un gardien de chiens ; es pus béstia que nostra chena.

Una peu de chin (une peau de vache ! quelqu’un qui ne pense qu’au mal)

Jalos coma un chen (jaloux trop possessif)

Malaude coma un chen

Fenhant coma un joune chen (paresseux)

Aimable coma una chena bastonada (quelqu’un de bourru, pas facile de carctère)

D’una merda de chen de ne’n far un pan de sucre. (extrême avarice, quelqu’un capable de..)

Li garde un chen de ma chena a queu-qui (menace)



Lo cocut fai son niu chas los autres.

Fenhant coma un cocut

Ilhs se semblen coma la jaça elo cocut (se dit d’un couple mal assorti)



Es chaitiu coma la mair de las fermics (ce dit de quelqu’un qui est très coquin)



:(ol coma un porc, coma un gorret, coma ‘na treuïa (quelqu’un qui aura abusé de l’alcool.

Es serios coma un porc que pissa

Chanta coma un porc engatjat dins un cledon (chanter comme un porc coincé dans un portillon)

Una gorrina

Pissa coma ‘na treuïa (uriner en abondance)

Babinhas de rebord de cuou de troïa (insulte)

Eissubla, merle ;la trida coa ! (parle toujours tu m’intéresses ! (siffle merle la grive est en train de couver)

Coquin coma ‘na margôt ( pie)

Bargasssar coma ‘na ‘jaça

Meschant coma un trasjai

Content coma ‘na ‘jaça sur ‘na crota de porc.

Uros coma ‘na ‘jaça qu’a trobat un coteu

Pus coquin qu’una vielha ‘jaça

Parla coma un jai

Guinha au jai (de quelqu’un qui regarde en fermant un œil)

Filh de lop(loup) pour dire surprise et admiration

Mas, filh de lop ;quo vai venir, oc-es ? (énervement devant quelque chose qui résiste)

‘fan de lop (enfant de loup, fils de loup)
Modifié en dernier par lucane le jeudi 08 mai 2008 18:07, modifié 3 fois.

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lucane

Message par lucane » mardi 06 mai 2008 13:39

joelausec a écrit :L'occitan est une langue, et le creusois est un patois dérivé de l'occitan si je ne me trompe pas. On nous parle aussi du limousin, le creusois est-il un dérivé du limousin qui lui-même est un dérivé de l'occitan?

Chez moi en Lorraine, les différentes variantes du patois lorrain sont tellement nombreuses que chaque village a son propre parlé. Quand je parle lorrain avec quelqu'un au pays, je n'ai même pas besoin de lui demander de quelle village il vient, rien qu'à l'écouter j'arrive à le localiser, et ceci à une dizaine de kilomètres près.

S'il fallait reconnaitre comme langue tous les patois, tous les dialectes, tous les "parlés" de chaque village, on n'en sortirait plus.

Je vois déjà ici sur le forum, on n'a pas deux personnes qui écrivent le creusois de la même façon. Alors le creusois c'est quoi? Le patois d'Aubusson? Celui de Fresseline, où encore celui de Faux la Montagne? A moins que ce ne soit celui d'Evaux les Bains? Je crois que pour enseigner le patois creusois dans les écoles creusoises, il faudrait commencer par le définir, et là, la guerre des clochers ne fait que commencer! :pfuit:


Les Parlers de la Creuse ,patrimoine de la Creuse (langue et mémoire du pays de Guéret) Conseil Général de la Creuse livre + CD



Publication issue d’une enquête ethnologique et linguistique menée sur le pays de Guéret de mai 2004 à décembre 2005.

Il s’agissait de recueillir et d’enregistrer les éléments de ce patrimoine immatériel autour de thèmes :

La littérature orale : conte comptines chanson proverbes

La mémoire de la civilisation traditionnelle : souvenirs témoignages, réminiscences d’une société traditionnelle rurale

Etudier les dialectes occitans rencontrés et en décrire les nuances.



les communes enquêtées 44 communes du pays de Guéret (350 personnes rencontrées lors de réunion communales) 70 h d’enregistrement.

Le département de la creuse « la Marche » est à la frontière linguistique qui divise la France en deux grandes langues, celle d’Oc au sud et celle d’Oïl au nord.

Cette notion de frontière apparaît dans l’intitulé de la Province qui précéda sous l’ancien Régime le département de la Creuse : la Marche.

Aux marges de l’Aquitaine, du Berry et de l’Auvergne, écartelée entre Haute et Basse Marche cette Province conservera un facteur d’unité : la langue occitane. Donnant naissance au marchois appelé aussi dialecte « du croissant »elle est une des trois variétés dialectales dont la zone d’influence en creuse se situe sur le territoire étgudié entre la limite nord du département et une ligne passant par Fursac, le Grand Bourg, Saint Vaury, Peyrabout, saint Laurent Ajain, Gouzon qui la séparedes parlers limousin au sud ouest et auvergnat au sud est.



Si les premiers textes occitans attestés en Limousin datent du XIe siècle, la langue occitane s’efface de l’usage écrit au XVIe siècle après avoir connu ses heures de gloire avec la poésie lyrique des troubadours au XIIe siècle.

Mais selon A. Thomas, les textes en langue d’oc relatifs à l’actuel territoire creusois sont très rares, notre contrée contribuant for peu à la lyrique d’Oc.



.Extraits :



Le rossinhou( la Celle dunoise)



Au mois de mai quand le rossinhou chante

La vegetacion posse biaucop.

E une neut, le rossinhou, dormave sur une vinhe bastarde.Mas la vinhe posset e s’enrotlet autorn de sa pate e le matin, eu ere atachat e eu aguet bien dau mau per se sauvar. Alors qu’es despeu quau temps ‘qui que le rossinhou eu chante tote la neut e eu dit a la vinhe :



« Posse, posse, posse, posse, tant que tu posseras, i durmirai pas ! »




Los jaus (Mortroux)



Au villatge, i avie troes jaus.

Le premier eu diset « I a daus sous chès nos ! »

L’autre a costat eu diset : « Tu los as pas tots ! »

Et le riquet eu diset : « Tot es riflat !
»



Le pringaulier (Ajain, glénic)



Un jorn, qu’ere la sechiere i avie pus d’aigue, alors tots los ausels se regropetan per faire un potz. Mas le pringaulier volguet pas ne’n prendre part. Ilhs trovetan l’aigue mas le pringaulier avie l’interdiccion de biaure de quel’aigue. Eu avie mas drech a l’aigue que tombave dins sa cabote. Alors qu’es quo que fai que quand le pringaulier fai « Plou, plou, plou » om ditzqu’eu demande l’aigue, que quo vai ploure. (le pringaulier (le pivert)



Expressions :





Chat mitat n’a jamai atrapat de rat. (Un chat ganté n’a jamais attrapé de rat (Glénic)



Quand la tortole chante qu’es le temps de samnar los poes.
(Quand la tourterelle chante c’est le temps de semer les haricots (au mois de mai) (Jouillat)



Quand l’arantèle cor quo fai bon ‘nar bladar (Quand la toile d’araignée court (sur les champs), il fait bon aller emblaver (Châtelus)



Las Pasqués molhadés fannés farinosés. (Pâques mouillées femmes farineuses (il y aura du grain pour faire de la farine (Châtelus)



Temps pomelat e femne fardade son pas de longe durade
(temps pommelé (nuageux) et femme fardée ne sont pas de longue durée (Roches)

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chef_joseph

Message par chef_joseph » mardi 06 mai 2008 19:18

:pfuit: Intéressant tout ça !!! Madame est cultivée , je vois !!! :pfuit:
" A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto ! "

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lucane

Message par lucane » mercredi 07 mai 2008 12:15

Je ne fais que retranscrire mais c'est effectivement intéressant et j'apprends en même temps ! merci de ce compliment chef joseph ! :)

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Marie

Message par Marie » mardi 03 juin 2008 15:25

Marcel Rémy

Patoiseries de "La Soutrane"

Société creusoise d'édition, Guérte, 1944





Actuellement en vente sur EBAY, livre de 1944, première édition.

Sur ebay taper le mot : Creuse et rechercher dans la catégories : livres, BD et revues

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Jipé 87

Message par Jipé 87 » dimanche 15 juin 2008 1:11

Encore moi,

Sur le site de la Bibliothèque Nationale [Vous devez être enregistré et connecté pour voir les liens] , j'ai trouvé ça:



< Pour voir cette image, vous devez être enregistré et connecté >




( Dans le moteur de recherche du site, tapez frederic mistral dans la case "auteur")



C'est un dictionnaire de la langue provençale, en 2 tomes d'environ 1200 pages chacun :!: et beaucoup de mots sont assez proches de ceux qu'on emploie dans notre région.



Le provençal et le limousin sont deux dialectes de langue d'oc suffisamment proches pour que les gens qui les pratiquent puissent converser ensemble. En vacances vers Saint Martin de Crau, entre Arles et Salon de Provence, j'ai pu discuter en occitan avec des anciens du coin, et j'ai pu faire la même expérience avec des Auvergnats dans un bled paumé du Cantal profond.

@-+

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lucane

Message par lucane » vendredi 20 juin 2008 18:35

Per Sent-Jan, à l'écliarsido,

Lu fauchadou bat soun daï

Et lo bargéro mandiniéro

S'en vaï fènar lous èndaïs ;

Tout lu loun dè lo journaïdo

Is sè cramèn au souleï,

Mâ din lu found dè lo prado

Is an daus mamèns dè leiser



Lu soulei què raïo

Sur notrés païsseis

Quand lo nè davalo

Nous baïllo bounser




Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !

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chef_joseph

Message par chef_joseph » vendredi 20 juin 2008 19:07

lucane a écrit :Per Sent-Jan, à l'écliarsido,

Lu fauchadou bat soun daï

Et lo bargéro mandiniéro

S'en vaï fènar lous èndaïs ;

Tout lu loun dè lo journaïdo

Is sè cramèn au souleï,

Mâ din lu found dè lo prado

Is an daus mamèns dè leiser



Lu soulei què raïo

Sur notrés païsseis

Quand lo nè davalo

Nous baïllo bounser



Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !


Pour St Jean , à l' éclaircie

les Faucheurs battent leur dard

et les bergers mendiants

s'en vont faner les

tout le long de la journée

ils se brûlent au soleil

mais dans le fond de leurs prés

ils ont des peaux de lézard



le solei qui brille

sur nos passés

quand la nuit dévalle

nous donne le bonsoir
" A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto ! "

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lucane

Message par lucane » vendredi 20 juin 2008 19:20

lucane a écrit :Per Sent-Jan, à l'écliarsido,... Pour St Jean à l'aube

Lu fauchadou bat soun daï ... le faucheur bat sa faux

Et lo bargéro mandiniéro et la bergère matinale

S'en vaï fènar lous èndaïs s'en va faner les andains

Tout lu loun dè lo journaïdo Tout le long de la journée

Is sè cramèn au souleï, ils se crament au soleil

Mâ din lu found dè lo prado mais dans le fond de la prairie

Is an daus mamèns dè leiser ils ont des moments de détente



Lu soulei què raïo Le soleil qui luit

Sur notrés païsseis Sur nos pâturages

Quand lo nè davalo Quand la nuit descend

Nous baïllo bounser Nous donne le bonsoir



Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !

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chef_joseph

Message par chef_joseph » vendredi 20 juin 2008 19:23

:pfuit: Ouais , je me suis pas trop mal débrouillé !!! :D
" A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto ! "

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lucane

Message par lucane » vendredi 20 juin 2008 20:00

juste une question les faucheurs battent leur dard ? :mrgreen: la blonde demande ? c'est quoi que ça veut dire ? :mdr: :mrgreen:

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Jipé 87

Message par Jipé 87 » vendredi 20 juin 2008 20:24

Bonsoir,


lucane a écrit :Per Sent-Jan, à l'écliarsido,

Lu fauchadou bat soun daï

Et lo bargéro mandiniéro

S'en vaï fènar lous èndaïs ;

Tout lu loun dè lo journaïdo

Is sè cramèn au souleï,

Mâ din lu found dè lo prado

Is an daus mamèns dè leiser



Lu soulei què raïo

Sur notrés païsseis

Quand lo nè davalo

Nous baïllo bounser



Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !




La traduction de chef_joseph rend bien l'esprit du texte, mais je me permets (respectueusement) d'y apporter quelques petites rectifications, pour moi, mais je peux me gourrer, je vois ça comme ça :



Le faucheur bat sa faux

Pour Saint Jean à l’éclaircie

Et la bergère matinale

Va faner les andains (*)

Tout le long de la journée

Ils se brûlent au soleil

Mais dans le fond du pré

Ils ont des moments de loisir :pfuit:



Le soleil qui brille

Sur notre pâturage

Quand la nuit descend

Nous donne le bonsoir



Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !

(*) Andain : l'andain est une bande continue de fourrage laissée sur le sol après le passage d'une faucheuse



lucane a écrit:



Lu moundè obludoro Le monde oubliera



Lu moundè obludoro las Mèlie, Gènie, Louiso, Catarino, Maria, Anna, Cliairo, Thèréso, Lucie, Madèli, Mili, Néitoui, Mion, Mietto, Nanoun, Margui, Donni, Nardi, Marissou, Marguissou, Marioun, Nètillo, Piarouno, Yoyèto....

J'ai retenu quelques uns de ces noms de l'ancien temps parce que je les ai trouvé ici et là mais il y en a d'autres



Mes aîeules creusoises se prénommaient Antoinette, Marie (très nombreuses, les Marie(s)), Thérèse, Simone... et j'ai trouvé une Meyou :?: sur un acte de mariage de 1738 :!:

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Jipé 87

Message par Jipé 87 » vendredi 20 juin 2008 22:39

lucane a écrit :
lucane a écrit :Per Sent-Jan, à l'écliarsido, Pour St Jean à l'aube

Lu fauchadou bat soun daï le faucheur bat sa faux

Et lo bargéro mandiniéro et la bergère matinale

S'en vaï fènar lous èndaïs s'en va faner les andains

Tout lu loun dè lo journaïdo Tout le long de la journée

Is sè cramèn au souleï, ils se crament au soleil

Mâ din lu found dè lo prado mais dans le fond de la prairie

Is an daus mamèns dè leiser ils ont des moments de détente



Lu soulei què raïo Le soleil qui luit

Sur notrés païsseis Sur nos pâturages

Quand lo nè davalo Quand la nuit descend

Nous baïllo bounser Nous donne le bonsoir



Fernand Mourguet Vive le patois Limousin !




M.... , j'étais passé trop vite sur ce post, et je n'avais pas vu qu'il y avait la traduction :oops: quel c.. :aie:



D'accord pour écliarcido = aube et pour leiser = détente

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lucane

Message par lucane » samedi 21 juin 2008 10:28

Au contraire c'est bien ! on voit que tu suis ! :mdr: :roll:

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Jipé 87

Message par Jipé 87 » vendredi 04 juillet 2008 21:07

Merci, mjo, pour l'info. Je vais essayer d'y assister...





Je viens de retrouver dans le fond de ma bibli un petit bouquin de Jean Rebier , Il s’intitule « LOU TOUPI SABOUROUS – Niorlas Lemousinas », éditions du Galetou, Limoges 1946.



J’en ai pris une au hasard, pas trop longue à recopier, en respectant l’orthographe de l’auteur...



Lou che moutardier



L’autre diomen, lou paî Lionetou bevio so chopino chaz « Rôti de porc » en visant passâ lou mounde sur lo routo. Soun che « Taurioun » dermio sous lo tablo, roula en herissou, soun naz dins soun cû, como fan tous lous cheis.

Vei-te qui qu’un fadart billa en moussur venguet se sicliâ countre Lionetout, et tant que lo maî Janeto lou servio ô disset :

- Qu’est-ce qui pue comme ça ? C’est ce sale chien ? Ah ! Le vorre chien ! A qui est ce chien ?

- Qu’ei lou meû, Moussur, faguet Lionetout. O n’ei beleû pas dau pus braveis, mas vous ne troubarias pas soun pareî dins tout Limogeis. Qu’ei un che moutardier.

- Qu’est-ce que c’est que ça, un chien moutardier ?

- Qu’ei un che qu’aimo mier lo moutardo que lo viando, et si vous voulez pariâ qu’o laissoro no jarro de poulet per no cuillerado de moutardo, sais segur de gagnâ !

- Pas si sûr que ça, faguet lou moussur, que risio coumo un boussu. Je vous parie dix francs ! Mère Jeannette, portez une cuisse de poulet et un pot de moutarde. Et vous, mon brave, pâturez votre bête.

- Ne nous pressan pas tant, disset Lionetout. Posâ d’abord votreis die francs sur lo tablo.

- Vous n’avez pas confiance ? Voici mes dix francs.

- Is ne siran pas à vous dins cinq minutas. Visas bien !

Et Lionetout mettet dins lou cû dau che no bouno cuillerado de quello moutardo rousso que pico tant, tout en lî presentant de l’autro mo no jarro de poulet. Vous poudez creure que lou paubre Taurioun lechet vite lo moutardo que lou brulavo coumo dau fio. Et soun maître, sans perdre de tem, sarret lous die francs, et coumandet n’autro chopino per minjâ lo jarro de poulet.

Lo maî Janeto s’epoufidavo a s’en fâ petâ lo rantelo dau ventre et so pîto paucho n’en mouillet sous pantalouns, mas vous répounde que lou Limougeau ne risio pas !


Qui veut traduire ?
Modifié en dernier par Jipé 87 le jeudi 24 septembre 2009 20:15, modifié 2 fois.

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